« Ne demande jamais ton chemin à quelqu’un qui le connaît, car tu ne pourras pas t’égarer… » ____________ Rabbi Nahman de Braslav


LIVRES

 

Analyse conjoncturelle. Bruxelles, De Boeck-Université, 1988, 125 p.

Cette présentation critique de la démarche de l’analyse et de la prévision conjoncturelles va au-delà d’une vulgarisation inexploitable mais aussi au-delà de la "cuisine" des techniques – sur lesquelles ce petit livre vieux de vingt ans est de toute façon dépassé. C’est une réflexion sur l’art (et la gageure) de marier la pertinence à la rigueur, ainsi que sur la déontologie de l’universitaire qui doit nourrir les débats d’actualité avec une connaissance imparfaite.

Une économie politique. Bruxelles, De Boeck-Université, 1989, 286 p.

Cet ouvrage pédagogique ne suppose aucune connaissance préalable mais progresse assez rapidement, jusqu’à examiner des problèmes aussi complexes que l’organisation monétaire internationale, la crise ou le chômage. Il ne fournit pas la "boite à outils" conceptuelle et analytique de l’économiste professionnel, mai démonte intuitivement ses raisonnements et multiplie les exemples qui illustrent les règles ou leur exceptions. Ce livre ne prétend pas apporter une réponse à toutes les questions, mais il montre comment les poser et où, dans l’économie ou au-delà, se situent leurs enjeux.

Economie et finances publiques.  Bruxelles, De Boeck-Université, [1993] 1996 238 p.

Les finances publiques ne se bornent ni aux finances, ni aux secteurs publics. Elles sont le point de passage obnligé d’un grand nombre de politiques économiques et sociales. Il faut donc les étudier dans le contexte doublement élargi d’objectifs socio-économiques d’ensemble et d’une interaction avec d’autres instruments politiques. Ce livre est moins soucieux de décrire ou de mesurer que de faire réfléchir.

L’Etat laïque vu par un catholique. Bruxelles, Labor (“Quartier libre”), 2004, 96 p.

De plus en plus pluriculturelles, la société belge et l’Europe se trouvent confrontées à des difficultés nouvelles et à la nécessité de concevoir, négocier et mettre en œuvre un modèle adapté de société laïque. Les traditions nationales sont très diverses et remontent à une époque, vieille d’un siècle, où nos positions idéologiques étaient fort différentes de celles d’aujourd’hui, et où nous ne devions pas faire place à des courants « exotiques », respectables en eux-mêmes mais en rupture parfois aiguë avec certaines de nos valeurs communes.
Aujourd’hui, les catholiques – parmi d’autres religions – figurent parmi les défenseurs d’un État laïque. Mais ils ne le conçoivent pas forcément de la même manière que leurs interlocuteurs rationalistes. Ils sont favorables à la séparation entre l’Église et l’État, mais ne sauraient accepter qu’on « confine » la religion dans la sphère privée : la liberté de conscience ne s’arrête pas au seuil de nos églises – ou de la loi. Ils sont pour le pluralisme, mais un pluralisme de confrontation où l’on apprend à vivre ensemble, pas le pluralisme de juxtaposition qui, sous prétexte de neutralité, interdit toute manifestation de conviction dans les « espaces laïques ».

Un droit, de morales. Valoriser l’Etat laïque. Bruxelles, P.I.E. Peter Lang, 2008, 156 p.
http://www.peterlang.com/Index.cfm?vID=21442&vHR=1&vUR=2&vUUR=1&vLang=F

L’État ne produit pas de sens. Laïque, il se l’interdit même, au-delà des droits de l’homme et des principes fondateurs de l’État de droit. Les personnes ne sont pas seulement les citoyens d’un État, et une société ne se réduit ni à l’État, ni à ses communautés de conviction. Si les deux sont légitimes, leurs compétences ne doivent-elles pas être articulées, et n’est-ce pas à l’État, garant de l’intérêt général, qu’il appartient d’y veiller ?

Trois conditions doivent permettent le vivre-ensemble. Primo, qu’on s’accorde sur le noyau de valeurs qui traduisent la dignité humaine et servent de référent commun. Secundo, qu’on délimite les champs d’intervention normative, respectivement juridique et moral, de l’État et des communautés, de sorte que ces dernières puissent prendre part au débat démocratique sans intervenir dans la décision démocratique. Tertio, que pour prévenir ou gérer des conflits, on s’accorde sur des règles et procédures formelles. Si cela peut se faire, il n’y a pas d’objection à ce que l’État impose à la fois ce noyau substantiel commun et ces règles formelles aux diverses communautés qui le peuplent.

La liberté pour quoi faire ? Montréal, Liber, 2011.

Quand elle est chantée sous l’oppression, la liberté n’est rien moins que la revendication d’une dignité humaine. Il faut jouir d’une large liberté pour ne pas ressentir combien elle est vitale ! Mais cela posé, la liberté est-elle la valeur première, à la fois élémentaire et fondatrice de l’être humain, comme le suggèrent les premières déclarations des droits de l’homme ? Est-elle un absolu ?
Ce livre réfléchit sur une éthique de la liberté, sachant que les libertés concrètes se combattent souvent et que leur hiérarchie des normes diffère selon les circonstances et les urgences qu’elles imposent. La liberté est relative à ses fins et aux droits d’autrui.

Moralement, la liberté personnelle, individuelle ou collective, est une autonomie responsable. Si je suis libre, je suis responsable : c’est moi qui agis, qui m’abstiens d’agir, ou qui obéis. Pas besoin de « prendre » ou d’« assumer » cette responsabilité : elle est. Et c’est elle, ou la capacité que j’en ai, qui constitue ma dignité. Encore faut-il que j’utilise ma liberté. D’être automatiquement responsable ne m’exonère pas de « prendre » ma responsabilité afin d’exercer consciemment ma liberté dans une visée éthiquement fondée : une ambition.

Ne laissons pas mourir l'Eglise : Foi chrétienne et Église catholique. Wavre, Mols, 2011.

De plus en plus de catholiques ont « mal à leur Église ». Cela signifie qu’ils la reconnaissent, qu’ils la respectent, qu’ils lui veulent du bien, qu’ils comptent sur elle et donc qu’ils l’aiment. Mais cela dit aussi qu’ils n’y trouvent pas ce qu’ils estimeraient devoir y trouver pour les aider à réassumer la Parole de Dieu en Jésus Christ. C’est un fait cela, massif et respectable comme un lord-maire : le nier ou se borner à condamner l’insoumission, c’est fuir la réalité.

C’est aussi démissionner de la mission de l’Église qui est de proclamer la Bonne Nouvelle et « de toutes les nations faire des disciples ». C’est pourquoi de plus en plus de catholiques soucieux d’une foi adulte, personnellement assumée et vécue en conscience, disent leur malaise.

L’auteur voulu enrichir le débat en multipliant les éclairages. Il prend en compte la double dimension relationnelle de la foi chrétienne, à la fois avec Dieu et entre les hommes, il observe à la fois l’Église et « la » société, dans leur histoire et dans leurs interactions, et il envisage chaque fois leurs implications individuelles et collectives. C’est que toutes les démarches, mystiques ou activistes, doivent avoir leur place et que toutes les dimensions, théologique, philosophique, anthropologique et sociologique sont pertinentes. Mais la doctrine de la foi n’est pas la foi, et que c’est elle qui compte.

En disant sa foi, l’auteur cherche à éviter le pur réquisitoire contre le magistère romain. Il est critique, mais il reste attaché à l’Église : parce qu’elle est la mère qui l’a fait chrétien et parce qu’il prend au sérieux la vocation de sacrement de Jésus Christ dans le monde que lui a reconnue le concile Vatican ii.

Croiser les compétences. Montréal, Liber, 2014

Dans l’étude des réalités humaines et notamment sociales, nos cheminements se croisent sur l’objet qu’ils cherchent à éclairer, puis à circonscrire, et enfin à maîtriser au moins intellectuellement. C’est cette complication, appliquée aux complexités du réel, qu’explorent les textes repris dans ce livre, à propos d’ambiguïtés économiques, de responsabilités politiques et d’une société plurielle. Ils ont pour propos commun d’asseoir deux pertinences. Celle qu’il y a à indaguer des champs différents d’un œil extérieur et donc critique, afin de les mettre en perspective de réalités qui impliquent des démarches disciplinaires différentes. Et, en corollaire, la pertinence d’un questionnement et d’un discernement croisé « généraliste », forcément suspects aux yeux des spécialistes mais qui sont possibles et nécessaires, donc légitimes.

Quand douter libère. Louvain-la-Neuve, Academia-L'Harmattan, 2015

L’auteur a ses doutes et ses questions. Il les a réfléchis au gré de sa vie avec d’autres personnes, croyantes ou non, en rencontre ou par leurs publications. Ses doutes se sont précisés, plutôt que dissipés, mais il y a trouvé un espace de liberté : là où il y a question, il a y a place pour une réflexion personnelle et pour des réponses, sans doute provisoires. Il y a même place pour un engagement chrétien et ecclésial.

L’auteur valorise la portée symbolique des Écritures, et dans le message qu’elles véhiculent. Il donne crédit à une diversité de croyances et de d’inspirations de vie, entre nous et au gré des siècles. Cette diversité appelle une éducation à la liberté de conscience, pour assumer l’autonomie et la responsabilité humaines que lui donne l’Évangile mais auxquelles les pratiques ecclésiales n’ont pas donné toute leur portée – ni leur autorité. Il plaide pour une diversité des messages enseignés, dans les cours et catéchèses et dans les séminaires.

    Réinventer des démocraties. Louvain-la-Neuve, Academia-L'Harmattan, 2017

Nos démocraties sont malades. Les citoyens cèdent aux peurs d’une actualité violente, et nos États "dégraissés" pèsent de moins en moins face aux puissances financières.
À partir des dérives récentes, l’auteur examine les tensions qui opposent les normes démocratiques à d’autres, légitimes mais parfois concurrentes : cultures, religions, droit, économie. Et une éducation utilitariste ne prépare guère des citoyens critiques.
Il faut donc réinventer des démocraties, seules potentiellement respectueuses la dignité humaine. L’enjeu est à long terme, mais que cela doive durer longtemps est une bonne raison pour commencer tout de suite.