« Ne demande jamais ton chemin à quelqu’un qui le connaît, car tu ne pourras pas t’égarer… » ____________ Rabbi Nahman de Braslav


 

 

 

 

 

Pluralisme et laïcité

 

Livres

L’Etat laïque vu par un catholique. Bruxelles, Labor (“Quartier libre”), 2004, 96 p.

De plus en plus pluriculturelles, la société belge et l’Europe se trouvent confrontées à des difficultés nouvelles et à la nécessité de concevoir, négocier et mettre en œuvre un modèle adapté de société laïque. Les traditions nationales sont très diverses et remontent à une époque, vieille d’un siècle, où nos positions idéologiques étaient fort différentes de celles d’aujourd’hui, et où nous ne devions pas faire place à des courants « exotiques », respectables en eux-mêmes mais en rupture parfois aiguë avec certaines de nos valeurs communes.
Aujourd’hui, les catholiques – parmi d’autres religions – figurent parmi les défenseurs d’un État laïque. Mais ils ne le conçoivent pas forcément de la même manière que leurs interlocuteurs rationalistes. Ils sont favorables à la séparation entre l’Église et l’État, mais ne sauraient accepter qu’on « confine » la religion dans la sphère privée : la liberté de conscience ne s’arrête pas au seuil de nos églises – ou de la loi. Ils sont pour le pluralisme, mais un pluralisme de confrontation où l’on apprend à vivre ensemble, pas le pluralisme de juxtaposition qui, sous prétexte de neutralité, interdit toute manifestation de conviction dans les « espaces laïques ».

Sur le même sujet :

Opportunités et conditions d’un Etat laïque: un point de vue catholique. 
C.I.L., Pièces à conviction 1. Une conscience pour l’Europe, 2006,  p. 11-13.

https://www.cil.be/files/PC%201%20Low%20%20opportunites.pdf

L’Etat laïque vu par des croyants 
C.I.L., Pièces à conviction 2. Une société respectueuse de ses identités, 2006,  p. 3-8.

https://www.cil.be/files/PC%202etat%20laique%20vu%20par%20croyants%20PL.pdf

Un droit, de morales. Valoriser l’Etat laïque. Bruxelles, P.I.E. Peter Lang, 2008, 156 p.
https://www.peterlang.com/Index.cfm?vID=21442&vHR=1&vUR=2&vUUR=1&vLang=F

L’État ne produit pas de sens. Laïque, il se l’interdit même, au-delà des droits de l’homme et des principes fondateurs de l’État de droit. Les personnes ne sont pas seulement les citoyens d’un État, et une société ne se réduit ni à l’État, ni à ses communautés de conviction. Si les deux sont légitimes, leurs compétences ne doivent-elles pas être articulées, et n’est-ce pas à l’État, garant de l’intérêt général, qu’il appartient d’y veiller ?
Trois conditions doivent permettent le vivre-ensemble. Primo, qu’on s’accorde sur le noyau de valeurs qui traduisent la dignité humaine et servent de référent commun. Secundo, qu’on délimite les champs d’intervention normative, respectivement juridique et moral, de l’État et des communautés, de sorte que ces dernières puissent prendre part au débat démocratique sans intervenir dans la décision démocratique. Tertio, que pour prévenir ou gérer des conflits, on s’accorde sur des règles et procédures formelles. Si cela peut se faire, il n’y a pas d’objection à ce que l’État impose à la fois ce noyau substantiel commun et ces règles formelles aux diverses communautés qui le peuplent.

Sur le même sujet :

L’État laïque d’une société pluraliste
In : 
Marc Jacquemain et Nadine Rosa-Rosso (dir.) Du bon usage de la laïcitéBruxelles, Aden, 2008, p.184-196.

Articles et interventions  (depuis 2001)

La séparation entre l’Eglise et l’État : au delà de l’histoire. Vivre, mars 2002, p.7-11.

Religions, philosophies et morales dans l’enseignement : Enjeux du débat (en collaboration)
Groupe Martin V (dir.), Religions,morale et philosophie à l’école: comment penser ensemble 
Louvain-la-Neuve, PUL, p.87-
101.https://hdl.handle.net/2078.1/69492

Pour un ‘État’ laïque européen. 
Var.aut., Une Constitution pour un projet et des valeurs. Annales d’études européennes de l’Université catholique de Louvain. Bruxelles, Bruylant, 2004, p. 133-148.
https://www.bruylant.be/st/fr/fiche.php?id=12354

Des catholiques et de la constitution européenne 
C.I.L., Pièces à conviction 1. Une conscience pour l’Europe, 2006, p. 39-40.
https://www.cil.be/files/PC%201%20Low%20%20Catho%20et%20constit%20%20UE.pdf

Quatre revendications chrétiennes étaient possibles : une référence « au Dieu tout puissant », une référence à l’héritage chrétien de l’Europe, l’article 51 (devenu 52) instaurant un dialogue régulier et transparent avec les religions et convictions, un contenu social de la volumineuse troisième partie, qui bétonne les règles économiques très libérales en vigueur. C’est là qu’on aurait attendu les chrétiens. Et qu’on les attend toujours…

Légaliser l’objection de conscience 
C.I.L., Pièces à conviction 2. Une société respectueuse de ses identités, 2006, p. 11-16.

https://www.cil.be/files/PC%202%20PLow%20%20Objection%20de%20conscience.pdf

Une loi, des morales : comment les concilier sans devoir faire place, au sein même du droit, à des objections de conscience contre ce droit ? Il y faudra des critères de recevabilité, des procédures et de condition d’exercice qui posent autant de défis à un droit qui peine à se dégager de traditions jacobines.

Un relativisme moral ?
C.I.L., Pièces à conviction 8, Enjeux éthiques, 2007, p. 37-42.
https://www.cil.be/files/PC8%20euthanasierelativisme%20%20Paul%20Lowenthal%20.pdf

Le pape Benoît XVI combat le relativisme qui prévaut, notamment, en Europe. Son contraire n’est toutefois pas le dogmatisme et les réflexions proposées font le départ entre le relativisme proprement dit, ouvert sans discrimination ni vraie conviction propre, et la nécessité de mettre ses convictions en perspective de leurs apories ou du respect dû aux autres, dans leurs convictions.

Sur le même sujet :

Faut-il choisir entre moralisme et amoralisme ? 
Reliures, printemps-été 2007, p.11-12.

Le financement des cultes : qui décide de financer qui ? 
C.I.L., Pièces à conviction 9, Le financement des cultes, 2007, p.23-31.
https://www.cil.be/files/PC%209%20Le%20financement%20des%20cultes%20qui%20decide%20de%20financer%20qui%20Paul%20Lowenthal%202007.pdf

L’État laïque a-t-il motif à financer les cultes ? Oui, s’il leur reconnaît un intérêt collectif. Et si, e,n conséquence, il se réserve le droit de reconnaître ou non les divers cultes. La neutralité de l’État ne lui permettant pas de promouvoir des valeurs autres que celle qui le fondent, ou sur lesquelles il y  consensus, c’est aux fois et convictions que cette mission revient, et elle mérite d’être soutenue. Globalement, du moins : la répartition entre les diverses religions et l’action laïque peut être laissée aux citoyens individuels – contribuables ou non… – en fonction de leur affiliation (à l’allemande, mais suivant quels critères ?) ou selon leurs préférences (à l’italienne).

L’anomie, prix du pluralisme ? 
C.I.L., Pièces à conviction n° 12, "Laïcité et normes morales", 2007, p.3-12.
https://www.cil.be/files/anomie.pdf

What “Lay State” for a Multi-convictional Europe ? (avec Michel Kesteman). Comm. au Congrès européen de l’AETC, ‘Religion et le projet européen’, Leuven, septembre 2007
C.I.L., Pièces à conviction n° 15, 2008, p.3-9.

La laïcité, chance pour l’Europe, chance pour l’Église ? 
C.I.L., Pièces à conviction n° 15, 2008, "Engagement d’Église et compromis de société", p.19-22.
https://www.cil.be/files/la%20laicite%20europe.pdf

Sur le même sujet :

Église et société : qu’apporte l’État laïque ? 
Résistances, 3e trim.2008, p. 25-28.

L’Église est-elle soluble dans la laïcité ? Horizons St Michel (Entretien) Horizons St Michel, déc., p.17-18. 
https://www.anciens-eleves-jesuites.be/aesm/Page_Horizon/Horiz68/Pages%20de%2017-18-HORIZONS-68.pdf

L’État laïque d’une société pluraliste
C.I.L., Pièces à conviction n° 15, "Engagement d’Église et compromis de société", p.23-27.

Sur le même sujet :

Le religieux dans la sphère publique (Collectif « Neutralité.be »). 
La Libre, 30.6.2009, p. 54-55.

Quelles laïcités pour l’intérêt général ? 
C.I.L., Pièces à conviction n°      

La dignité humaine est-elle seulement individuelle ? 
La Libre, 13.8.2009, p.33.

Vers un pluralisme situé ? 
L’Université de Louvain : à la fois chrétienne et pluraliste ? Louvain-la-Neuve, Groupe Martin V, UCL, 2009, p. 5-13. 
Vers un pluralisme situé.pdf (80,3 kB)

Crucifix !
La Libre Belgique, 24.11.2009, p.55. 
Crucifix.pdf (52,5 kB)

Quelle neutralité de l'Etat?
La Libre Belgique, 23.3.2010, p.51.
Quelle neutralité.pdf (18,9 kB).
 

Des accommodements raisonnables contredisent-ils la laïcité ?
Revue générale, février 2011, p.51-61. 
Accommodements raisonnables.pdf (74,2 kB)

Une laïcité pour l'Europe ?
Revue générale, janvier 2013
Laïcité Europe.pdf (335,3 kB)

L’histoire et la sociologie culturelle diffèrent grandement en Europe. Une forme de laïcité est-elle pensable à l’échelle de l’Union européenne ? Les pouvoirs publics étant tenus à la neutralité, au-delà des normes qui traduisent la dignité humaine, pourrons-nous « donner une âme » à l’ensemble ? Des pays massivement acquis à une conviction pourraient-ils la privilégier, tandis que les autres, pluriels de fait, se feraient pluralistes ? Éviterons-nous le risque communautariste ? Comment les religions et courants philosophiques peuvent-ils contribuer au dialogue politique sans nier l’autonomie du politique ?

Foi et sécularisation.            
In : Tayush, Les défis du pluriel, Mons, Couleur-Livres,  p.125-135

Pour beaucoup, composer la foi et la sécularisation revient à mêler la croyance à la raison, l’irrationnel au rationnel. Leurs démarches ne pourraient donc se croiser. Mais la raison et la sécularisation ne sont pas fermées à des réalités non rationnelles, et la foi ne l’est pas à la raison.

La foi monothéiste entretient des rapports étroits avec la philosophie et est devenue critique d’elle-même. Tous humanistes, nous « croyons » tous : en Dieu éventuellement, à l’humain en tout cas.

Et notre sécularisation n’est plus le rationalisme du xixe siècle. La philosophie a montré qu’on ne peut ni prouver Dieu, ni prouver son inexistence, et admis qu’il n’est ni déraisonnable de croire, ni de ne pas croire.

À partir de nos racines communes, grecques, juives, chrétiennes et humanistes, notre raison raisonnante peut croiser ces humanismes, leurs compétences, leurs expériences et leurs engagements, et servir l’État laïque sans sacrifier sa neutralité.